Des “MOC” (Mystérieux Objets Célestes) sur des plaques photo des années 1950 ? Ce que montre vraiment l’affaire Palomar
Toledo, le 23 mars 2026
Introduction
Le travail de Beatriz Villarroel est passionnant à plus d’un titre.
Premièrement, il explore une piste inexplorée, ce qui est déjà remarquable, et fait preuve d’une grande audace.
Deuxièmement, son analyse se base sur des données, ce qui est assez rare en ufologie pour être souligné.
Troisièmement, et c’est le point le plus important, ses travaux ont attirés l’attention d’autres scientifiques, qui viennent poser, et se poser, des questions.
Nous avons déjà poussé quelques articles sur le sujet auparavant.
Dr. Beatriz Villarroel – Guide des astronomes civils pour la recherche sur les PAN
BEATRIZ VILLARROEL – Mon voyage personnel à travers l’inconnu
Réflexion du Dr. Beatriz Villarroel sur Medium.com
Dr. Beatriz Villarroel chez Richard Dolan Show
Sol Foundation 2025 – Recherche de prestige, pas de substance
Un prix pour une astrophysicienne prometteuse
Mais la question essentielle est maintenant celle-ci : Quelle est la valeur des données proposées ?
En gros, certains lui reproche de tirer une conclusion très hâtive en allant directement aux « visites extra-terrestres », sans passer suffisamment par des étapes intermédiaires, qui ont le devoir d’être travaillées plus en profondeur, avant une conclusion aussi spectaculaire.
Autre point qui est très négatif selon nous, c’est son acoquinage avec la Fondation Sol, qui brasse depuis des années de l’air, de l’eau, et de l’argent, sans avoir produit aucune preuve. Pour parler vrai: On a un peu peur qu’elle ait été contaminée ;>)
Quand on se rappelle les interviews et autres déclarations spectaculaires de Garry Nolan ces dernières années, où il nous promettait des analyses scientifiques d’implants, de personnes irradiées, de sphère « magique », de vidéos de MOC dans l’espace, etc, j’oublie sans-doute le meilleur, et bien le personnage a fait « pschit ! », et rien ne s’est passé.
Pour être poli, je pense qu’il est assez émotif. Et c’est ainsi qu’ont terminés les autres sujets de ladite « Fondation ».
Zoom sur le travail de Beatriz Villarroel
En astronomie, les découvertes les plus intrigantes commencent souvent par une anomalie minuscule : un point lumineux de trop, un alignement improbable, une corrélation qui semble défier le hasard. C’est exactement ce qui est arrivé avec une série d’articles consacrés au Palomar Observatory Sky Survey, un immense relevé photographique du ciel réalisé entre 1949 et 1958, donc avant l’ère des satellites artificiels. En octobre 2025, deux études ont relancé un vieux mystère : des milliers de “transients”, autrement dit des sources lumineuses fugitives, visibles sur certaines plaques du relevé mais absentes ailleurs. Le sujet a vite attiré l’attention parce que les auteurs ont évoqué, parmi les hypothèses possibles, celle d’objets artificiels inconnus proches de la Terre.

Dit comme cela, l’affaire ressemble à un scénario de science-fiction. Pourtant, ce qui la rend intéressante n’est pas tant l’idée d’OVNI que la manière dont elle met à l’épreuve la méthode scientifique. Les auteurs, autour de l’astronome Beatriz Villarroel, ont utilisé des versions numérisées des plaques de Palomar pour rechercher des événements lumineux brefs. Dans le cadre du projet VASCO, ils ont identifié plus de 107 000 transients potentiels. Parmi eux, certains semblaient former des alignements rectilignes sur une même plaque, d’autres paraissaient plus fréquents près des dates d’essais nucléaires, et d’autres encore semblaient moins nombreux dans des régions du ciel correspondant à l’ombre de la Terre. Pris ensemble, ces indices ont conduit l’équipe à proposer qu’au moins une partie de ces signaux pourrait provenir d’objets réfléchissant la lumière du Soleil, éventuellement situés très haut autour de la Terre.
C’est précisément là que le débat devient passionnant. Car une hypothèse spectaculaire n’est pas nécessairement une bonne hypothèse.
Dès la publication des articles, plusieurs chercheurs ont souligné qu’il existait des explications beaucoup plus ordinaires, et surtout qu’elles n’avaient pas encore été éliminées de façon convaincante.
Scientific American a résumé ce malaise avec justesse : les transients observés sur ces plaques pourraient tout aussi bien être liés à des défauts photographiques, à des poussières, à des irrégularités de l’émulsion, à des particules radioactives, à des météores arrivant presque dans l’axe du télescope, voire à des ballons de haute altitude utilisés dans le contexte de la surveillance nucléaire.
Autrement dit, avant de parler d’objets exotiques, encore faut-il démontrer qu’on a bien affaire à de vrais phénomènes optiques dans le ciel.
Une critique revient avec insistance : les plaques originales n’ont pas encore été placées au centre de la démonstration.
L’astronome Nigel Hambly, spécialiste des archives photographiques, insiste sur le fait qu’une image numérisée peut produire des illusions très convaincantes. Ce qui paraît réel à l’écran peut, au microscope, se révéler n’être qu’un défaut du support lui-même.
Son équipe avait déjà publié en 2024 une étude concluant que certains “transients” avancés dans des travaux antérieurs étaient probablement des artefacts de l’émulsion photographique. Ils proposaient même un mécanisme possible : des défauts introduits lors de la copie des plaques de verre destinées à la diffusion, bien avant l’ère des grandes numérisations.
Les critiques ne s’arrêtent pas à la qualité visuelle des plaques.
En janvier 2026, une réévaluation méthodologique a attaqué le cœur statistique du dossier. Ses auteurs soutiennent que plusieurs résultats mis en avant dans les articles de 2025 deviennent beaucoup moins solides, voire non significatifs, lorsqu’on normalise correctement par les jours réels d’observation.
Selon eux, la corrélation avec les essais nucléaires serait en grande partie expliquée par le calendrier d’observation du télescope de Palomar lui-même.
La même critique affirme aussi qu’un tiers des points inclus dans les alignements n’étaient pas clairement distingués d’étoiles déjà cataloguées, et qu’il n’a pas été démontré que ces caractéristiques représentaient réellement des transients astrophysiques ou atmosphériques plutôt qu’un mélange d’étoiles, d’artefacts de scan et de défauts de plaque.
Cette réanalyse ajoute un autre point troublant : la répartition spatiale des signaux paraît souvent anormale à l’échelle de la plaque elle-même. Les auteurs décrivent des densités qui augmentent vers les bords et les coins, ainsi que des zones vides ou des groupements de formes géométriques peu naturelles. Ce type de motif évoque davantage un problème de support, de numérisation ou de traitement qu’une population d’objets réels répartis dans le ciel.
Là encore, le reproche de fond est simple : la chaîne de preuve semble commencer trop tôt par l’idée que les points détectés sont réels, puis bâtir des corrélations dessus.
Pour autant, l’histoire ne se termine pas par un rejet pur et simple. En février 2026, Villarroel et ses coauteurs ont répondu à cette critique en soutenant que la réanalyse utilisait un sous-ensemble trop réduit, hétérogène et statistiquement trop faible pour invalider leurs résultats.
Leur argument central est que les critiques mélangent la validation de chaque objet individuel avec l’inférence statistique sur un ensemble, et que la réduction très forte de l’échantillon ferait perdre la puissance nécessaire pour tester correctement certains effets, notamment celui lié à l’ombre terrestre.
En clair, les auteurs d’origine disent : vous avez peut-être rendu les données plus “propres”, mais vous les avez aussi tellement réduites qu’elles ne permettent plus de trancher.
C’est sans doute ce qui rend cette affaire plus intéressante qu’un simple titre sur des “OVNI des années 1950”.
Elle montre un phénomène rare : un domaine où l’on dispose enfin d’objets mesurables, de plaques consultables, de statistiques comparables et de critiques détaillées.
Le passage le plus convaincant du débat vient sans doute de Sean Kirkpatrick, ex-chef de l’AARO. Là où certains voient peut-être des objets artificiels inconnus, lui voit surtout un signal qui sent d’abord la physique atmosphérique et le contexte nucléaire de l’époque. Si les transients paraissent dépendre à la fois du Soleil et des essais atomiques, alors les premières pistes à tester sont les plus banales : rayonnement, particules ionisées, débris atmosphériques ou ballons de haute altitude.
Mais surtout, Sean Kirkpatrick pointe le vrai trou dans la raquette : personne n’a encore prouvé que cette méthode détecte correctement, sur une plaque comparable, des objets géostationnaires connus aujourd’hui.
Sans cette démonstration de base, parler de MOC revient à sauter trop vite à la conclusion.
Au fond, l’affaire Palomar raconte moins la découverte d’une présence inconnue autour de la Terre qu’un vieux principe scientifique : plus l’hypothèse est extraordinaire, plus la démonstration doit être robuste.
Les articles de 2025 ont eu le mérite de remettre sur la table des données oubliées et de formuler des questions testables.
Leurs critiques, elles, rappellent qu’en astronomie des archives, un point lumineux n’est pas toujours une lumière dans le ciel : cela peut être aussi un défaut de verre, une poussière, une copie imparfaite ou un biais d’échantillonnage.
C’est peut-être moins romanesque que l’idée d’objets inconnus en orbite dans les années 1950. Mais c’est exactement ainsi que la science avance : en séparant, patiemment, l’étrange du solide.
Ce que j’en pense…
Cette affaire est très discutée, et c’est une bonne chose, c’est ainsi que fonctionne la science. Il faut non seulement des données, mais s’assurer que les données sont robustes.
D’ici là, on reste sceptique, ce qui est quand-même l’état le plus naturel, et le plus raisonnable possible.
Notre quête n’est pas finie. Un jour, forcément, des extra-terrestres croiseront la terre, reste à savoir si ce sera demain ou dans 5 milliards d’années.
A vous les ET, n’oubliez pas de laisser tout de même un message, car si vous avez déjà croisés notre orbite, vous avez oubliés de nous laisser votre carte de visite.