Toledo, le 4 août 2026
Source
(Attention lien non-sécurisé, cela ne fait pas très sérieux…)
https://resources.iaaseti.org/Declaration_of_Principles_SETI_3_April_2026.pdf
Introduction
Quarante ans après avoir établi une série de règles à suivre en cas de détection d’une intelligence extraterrestre, l’Académie internationale d’astronautique (IAA), dont le siège se situe en France, publie une nouvelle version de son protocole.
Le nouveau protocole SETI de l’Académie internationale d’astronautique ne constitue ni un plan de divulgation ni une preuve que des extraterrestres auraient déjà été détectés. Il définit les règles que les chercheurs devraient appliquer si une technosignature crédible était découverte : vérifications indépendantes, prudence médiatique, publication ouverte des données, information de l’ONU et absence de toute réponse envoyée sans consultation internationale. Le document prend également soin de préciser qu’il ne concerne pas les UAP ou les OVNI observés dans l’atmosphère terrestre.
Résumé
L’Académie internationale d’astronautique a publié en 2026 une nouvelle version de ses principes encadrant la conduite à tenir en cas de possible découverte d’une intelligence extraterrestre. Le texte ne décrit pas un programme secret ni une procédure gouvernementale de « divulgation ». Il s’agit d’un cadre de bonnes pratiques destiné aux chercheurs participant à des programmes scientifiques SETI.
La priorité absolue est la vérification. Aucun signal ne devrait être considéré comme extraterrestre sur la base d’une seule observation ou d’un seul instrument. Une détection candidate devrait être examinée par plusieurs équipes indépendantes, utilisant des installations, des instruments et des méthodes différents. Le document reconnaît que cette procédure peut prendre du temps et qu’elle peut ne jamais aboutir à une conclusion définitive.
Avant la confirmation, les chercheurs ne sont pas obligés de révéler leurs travaux de vérification. Ils peuvent cependant communiquer pour éviter que des rumeurs ou de fausses informations ne se répandent. Toute hypothèse spéculative doit être clairement présentée comme telle et une fausse alerte déjà rendue publique doit être rapidement corrigée.
En cas de confirmation crédible, les découvreurs devraient annoncer ouvertement la nouvelle au public, à la communauté scientifique et au secrétaire général de l’ONU. Les données, les méthodes d’analyse, le code informatique et les résultats de la vérification devraient être publiés, évalués par les pairs et conservés dans plusieurs dépôts géographiquement séparés afin de permettre une reproduction indépendante.
Le texte prévoit également la création permanente d’un sous-comité international chargé des conséquences scientifiques, juridiques, éthiques, sociales et médiatiques d’une détection. Il insiste notamment sur la protection des chercheurs face à la pression médiatique et aux éventuelles répercussions professionnelles.
Enfin, aucune réponse à une intelligence extraterrestre ne devrait être envoyée par une équipe ou un pays agissant seul. Une éventuelle réponse devrait faire l’objet de consultations internationales, notamment dans le cadre des Nations unies.
Un point mérite d’être particulièrement souligné dans le contexte du débat sur les OVNI : la déclaration précise explicitement qu’elle ne concerne pas les phénomènes anormaux non identifiés observés dans l’atmosphère terrestre. Elle porte exclusivement sur la recherche astronomique de technosignatures et d’autres indices de technologies extraterrestres au-delà de la Terre.
Traduction française intégrale
Document de position
Académie internationale d’astronautique – Déclaration de principes concernant la conduite de la recherche d’une intelligence extraterrestre – SETI
Mise à jour 2026
Préambule
L’Académie internationale d’astronautique – IAA – a adopté les présents principes afin de guider les personnes, institutions, organisations et autres entités participant à la recherche scientifique d’une intelligence extraterrestre — SETI.
Cette recherche s’appuie sur l’astronomie et sur les disciplines connexes afin de détecter des technosignatures, ou d’autres éléments indiquant l’existence passée ou actuelle d’une vie intelligente et de technologies au-delà de la Terre.
Ces principes actualisés ont été élaborés par le Comité SETI de l’IAA entre 2022 et 2025, puis approuvés par un vote du Comité le 1er février 2026.
La présente déclaration poursuit plusieurs objectifs :
- réaffirmer l’engagement à mener la recherche d’une intelligence extraterrestre avec toute la rigueur scientifique et académique nécessaire ;
- établir les bonnes pratiques, les principes et les recommandations permettant aux scientifiques de confirmer d’éventuels éléments indiquant l’existence d’êtres extraterrestres intelligents ;
- fournir à la communauté scientifique des orientations concernant l’annonce d’une détection SETI confirmée ;
- trouver un équilibre entre la nécessité d’informer rapidement et précisément un large public et la nécessité de protéger la sécurité, la vie privée et l’exposition médiatique des scientifiques concernés ;
- informer à l’avance le public mondial de ces procédures et de ces recommandations.
Les auteurs reconnaissent que les environnements scientifiques et médiatiques évoluent constamment. La déclaration sera donc complétée par des recommandations de bonnes pratiques, notamment concernant la sécurité des chercheurs, ainsi que par un code de conduite régulièrement réexaminé et mis à jour.
La déclaration et ses documents complémentaires seront déposés auprès de l’Académie internationale d’astronautique et publiés sur le site de l’IAA.
Définition des technosignatures
Les technosignatures sont définies comme des éléments observables indiquant l’existence de technologies construites ou utilisées par des êtres extraterrestres.
Il pourrait s’agir, par exemple :
- de signaux radio à bande étroite ;
- d’émissions laser ;
- d’un excès de rayonnement infrarouge associé à une consommation d’énergie à grande échelle ;
- d’anomalies dans les mesures astronomiques pouvant être provoquées par des mégastructures ;
- ou d’un artefact.
Une technosignature indiquerait donc la présence d’une vie extraterrestre intelligente.
La déclaration précise expressément qu’elle concerne uniquement la recherche d’une vie extraterrestre intelligente. Elle ne concerne ni la recherche de vie extraterrestre en général, comme une vie microbienne, ni les phénomènes anormaux non identifiés — UAP — observés dans l’atmosphère terrestre.
Principes
1. Traitement des éléments de preuve potentiels
En cas de détection possible d’une intelligence extraterrestre, le découvreur doit s’efforcer d’authentifier et d’étayer cette détection en utilisant les ressources dont il dispose et en collaborant avec d’autres chercheurs.
Cette vérification devrait notamment comprendre :
- des observations indépendantes ;
- des examens réalisés par plusieurs installations ;
- la participation de plusieurs organisations ;
- l’utilisation d’instruments et de méthodes différents.
Les informations relatives à un signal candidat ou à une autre détection potentielle doivent être traitées avec une extrême prudence. Les premières observations peuvent être incomplètes ou ambiguës et nécessiter des analyses approfondies ainsi qu’un long travail de confirmation.
Même après des études complémentaires, il est possible qu’aucune conclusion définitive ne puisse être obtenue.
Tout au long de ce processus, les plus hauts standards de responsabilité et d’intégrité scientifiques doivent être respectés. Les chercheurs doivent également tenir compte de l’intérêt que représenterait une telle découverte pour l’ensemble de l’humanité.
Les meilleures méthodes de communication scientifique doivent être utilisées pour expliquer clairement au public non spécialiste la portée et l’importance d’une détection candidate.
2. Communication et partage de l’information
Les chercheurs SETI, leurs institutions et leurs organisations doivent être libres de présenter leurs activités et leurs résultats dans des cadres publics ou professionnels.
Un chercheur doit cependant pouvoir refuser de s’exprimer directement ou continuellement dans les médias, y compris sur les réseaux sociaux. Il doit néanmoins faire de son mieux pour que son institution ou son organisation fournisse des informations actualisées sur ses travaux.
Les institutions doivent prendre les mesures appropriées pour assurer la sécurité de leurs chercheurs et les protéger d’éventuelles conséquences professionnelles négatives.
Elles doivent répondre aux demandes raisonnables provenant :
- des médias ;
- des plateformes de réseaux sociaux ;
- et des autres moyens de communication destinés au public.
Les réponses doivent être rapides, précises et honnêtes.
Il n’existe toutefois aucune obligation de rendre publiques les opérations de vérification avant qu’une découverte soit confirmée.
Si une technosignature candidate est découverte, il peut néanmoins devenir nécessaire de communiquer sur les observations et analyses en cours, afin de dissiper les rumeurs et de fournir des informations exactes et fiables.
De la même manière, si les analyses démontrent qu’une technosignature précédemment annoncée n’est pas d’origine extraterrestre, cette conclusion doit être rapidement rendue publique et clairement expliquée.
Toute déclaration ou conclusion spéculative et non confirmée doit être explicitement présentée comme telle.
Dans leurs relations avec les médias, les institutions et organisations doivent fournir des informations exactes dans des délais appropriés.
3. Communication d’une vérification positive
Lorsque la procédure décrite dans le premier principe a été respectée et que les chercheurs concernés parviennent à un consensus selon lequel un signal ou un autre élément est dû à une intelligence extraterrestre, cette conclusion doit être rapidement annoncée :
- au public ;
- à la communauté scientifique ;
- et au secrétaire général des Nations unies.
Le degré de certitude doit être considéré comme crédible par les découvreurs et par les autres chercheurs ayant participé à la vérification.
Les découvreurs, leur organisation ou leur institution doivent avoir la possibilité d’effectuer eux-mêmes la première annonce publique.
Un rapport de vérification doit ensuite être soumis à une évaluation par les pairs. Il doit contenir :
- les données originales ;
- les méthodes d’analyse ;
- les résultats des procédures de vérification ;
- les conclusions et leurs interprétations ;
- ainsi que tout contenu informationnel éventuellement détecté dans le signal.
Le rapport doit respecter les bonnes pratiques en matière de communication des risques.
Il doit également être communiqué aux organisations internationales concernées, parmi lesquelles :
- l’Académie internationale d’astronautique ;
- l’Union astronomique internationale ;
- le Comité de la recherche spatiale — COSPAR — du Conseil international des sciences ;
- l’Institut international de droit spatial ;
- l’Union internationale des télécommunications ;
- le Comité des Nations unies pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique ;
- le Bureau des affaires spatiales des Nations unies ;
- ainsi que les autres organismes compétents de l’ONU.
La publication en libre accès des données de vérification est encouragée.
4. Surveillance, archivage et accessibilité des données
Toutes les données relatives aux éléments indiquant l’existence d’une intelligence extraterrestre doivent être conservées et diffusées auprès de la communauté scientifique internationale.
Cela comprend également :
- les méthodes d’analyse des données ;
- les logiciels et codes informatiques employés ;
- les produits de données dérivés.
Cette diffusion peut être réalisée par l’intermédiaire de publications scientifiques évaluées par les pairs, de réunions, de conférences, de sites destinés à l’archivage à long terme ou de tout autre moyen approprié.
La source de la découverte doit continuer à être observée. Les données doivent être manipulées selon des méthodes sûres, fiables et résistantes aux incidents.
Dans la mesure du possible, toutes les données doivent être enregistrées, stockées de manière sécurisée et archivées dans au moins deux dépôts situés dans des régions géographiques différentes.
Elles doivent être conservées dans un format permettant aux observateurs et à la communauté scientifique de reproduire les résultats et de procéder à de nouvelles analyses.
L’utilisation de dépôts internationaux reconnus et de formats standards ouverts est encouragée.
5. Protection des données et des fréquences
Les éléments attestant la détection doivent être protégés au moyen des meilleures pratiques scientifiques.
Il convient notamment d’utiliser :
- des enregistrements protégés contre toute modification ;
- des procédures de précaution ;
- des méthodes permettant de préserver l’intégrité et l’authenticité des données.
Si la détection prend la forme de signaux électromagnétiques, un accord international doit être recherché afin de protéger les fréquences concernées.
Pour cela, les procédures extraordinaires prévues par l’Union internationale des télécommunications devraient être mises en œuvre.
6. Protocole post-détection
Le Comité SETI de l’IAA maintiendra un sous-comité consacré à l’après-détection.
Celui-ci sera chargé d’apporter son aide et ses conseils concernant les questions susceptibles de se poser en cas de détection confirmée.
Il devra également contribuer à l’analyse scientifique et publique de la découverte en proposant :
- des orientations ;
- des interprétations ;
- une réflexion sur les implications générales de la découverte.
Ce sous-comité devra avoir une représentation internationale et réunir des spécialistes :
- des sciences ;
- de l’éthique ;
- du droit ;
- des sciences sociales ;
- des médias et de la communication ;
- de la communication scientifique ;
- et de la communication des risques.
L’IAA aidera ce sous-comité dans ses relations avec les plateformes de réseaux sociaux et les organisations médiatiques afin de faciliter une diffusion rapide et efficace d’informations exactes et fiables.
Elle collaborera également avec des chercheurs interdisciplinaires et des groupes de travail consacrés aux questions post-détection, notamment pour définir les bonnes pratiques de communication publique dans le domaine des technosignatures.
7. Communication avec une intelligence extraterrestre après une détection confirmée
Les chercheurs SETI doivent participer à des consultations internationales afin de déterminer s’il convient de répondre à une détection confirmée d’une intelligence extraterrestre et, le cas échéant, de décider du contenu de cette réponse.
Aucune réponse ne doit être envoyée tant que ces consultations n’ont pas abouti.
Ces consultations doivent être conduites par l’intermédiaire des Nations unies et d’autres organismes internationaux largement représentatifs.
Les procédures exactes devront être définies dans un accord, une déclaration ou un dispositif distinct, afin de garantir une approche coordonnée et responsable.
La déclaration ne traite pas du sujet différent que constitue l’envoi volontaire de messages à des intelligences extraterrestres avant la détection d’un signal confirmé — pratique généralement désignée par l’acronyme METI, pour Messaging Extraterrestrial Intelligence.
8. Considérations éthiques et juridiques
Les chercheurs SETI doivent respecter les standards éthiques les plus élevés et garantir la coopération, l’honnêteté et l’intégrité dans l’ensemble de leurs activités.
Ils doivent collaborer avec les autorités juridiques internationales afin d’établir des cadres clairs pour gérer la diffusion des informations relatives à d’éventuelles détections extraterrestres.
Ils doivent également respecter les lois et réglementations applicables.
Enfin, les chercheurs SETI doivent travailler avec des spécialistes de l’éthique pour établir et appliquer des règles concernant le traitement de tout élément potentiel ou confirmé indiquant l’existence d’une intelligence extraterrestre.
Ces règles doivent notamment garantir la transparence et la responsabilité envers la communauté mondiale.
La déclaration remplace celle adoptée par l’Académie internationale d’astronautique en 2010.
Elle est datée du 31 mars 2026.
Note de Toledo
Cette déclaration, aussi impressionnante et précise soit-elle, n’est aucunement contraignante.
Sa force est surtout :
- scientifique, en définissant ce qu’une vérification sérieuse devrait comporter ;
- morale et professionnelle, car une institution refusant de publier ses données ou prétendant répondre seule à un signal pourrait être fortement critiquée ;
- politique, parce que le texte place l’ONU et les organisations internationales au centre du processus ;
- institutionnelle, si des observatoires, universités ou programmes SETI décident d’intégrer ces principes à leurs propres règlements.
Liens externes
Ce sujet a fait l’objet d’un article dans Science et Avenir ici: