Toledo, le 27 janvier 2026
Aujourd’hui, nous plongeons au cœur de la conspiration OVNI.
Mais pas n’importe laquelle, une conspiration « haut de gamme », portée par un acteur disposant d’un véritable bagage scientifique.

Jack Sarfatti est en effet un physicien reconnu, travaillant en grande partie en marge du monde universitaire classique. Ses travaux et publications gravitent essentiellement autour de la physique quantique et des liens possibles avec la conscience. Il s’agit bien d’un physicien authentique, spécialisé dans ces domaines, même si ses réflexions très spéculatives l’ont conduit à explorer des idées pour le moins déroutantes, appuyées par des développements mathématiques particulièrement complexes.
L’objectif de cet article n’est pas de ridiculiser ces travaux, mais d’en examiner à la fois le potentiel… et surtout les limites. Nous disposons de bases solides en physique, mais pas suffisantes pour aller aussi loin que le nécessiteraient certaines de ses propositions. En revanche, l’appui de l’intelligence artificielle permet de décortiquer plusieurs idées clés : intellectuellement stimulantes, parfois fascinantes, mais hélas insuffisamment étayées et ne débouchant sur aucun modèle expérimental concret permettant de les tester ou de les valider.
Il est d’ailleurs important de rappeler un point fondamental : lorsque Einstein a formulé la théorie de la relativité générale, il n’a fallu que deux ans pour proposer des observations précises, reproductibles et capables de soutenir empiriquement ses prédictions.
Autrement dit : non, toutes les théories ne se valent pas. Mais peu importe, on va prendre le temps d’écouter Jack Sarfatti.
Pour ajouter une couche supplémentaire d’étrangeté à un tableau déjà singulier, Jack Sarfatti affirme que sa vocation scientifique serait née dès l’enfance, à la suite d’un événement pour le moins déroutant. Il raconte avoir reçu un appel téléphonique mystérieux, au cours duquel une voix à l’intonation robotique se serait adressée à lui. Sarfatti en aurait conclu qu’il s’agissait d’une forme d’intelligence artificielle — une interprétation qui, selon ses propres dires, aurait profondément influencé sa trajectoire intellectuelle et orienté durablement sa carrière.
Il a publié de nombreux travaux scientifiques sur ces sujets. En soi, ces publications n’ont pas vocation à constituer des preuves en elles-mêmes : leur objectif est avant tout de communiquer des pistes de recherche, de partager des idées avec ses pairs et d’ouvrir la voie à d’éventuels approfondissements ou validations indépendantes. Or, force est de constater que, jusqu’à présent, ces tentatives ont rencontré un écho très limité au sein de la communauté scientifique.
Son document ambitieux se nomme « How Flying Saucers/Tic Tacs Really Work ». L’introduction va tout de suite dans le vif du sujet, et 99.999 % des personnes s’arrêtent au titre.


S’il peut paraître obscur, le texte suit une logique interne s’appuyant sur la relativité générale et la physique des matériaux. Voici une synthèse des concepts clés pour y voir plus clair :
1. L’Objectif : Le « Warp Drive » à Basse Énergie
L’idée est de réaliser une propulsion de type Alcubierre (distorsion de l’espace-temps) sans avoir besoin d’une quantité d’énergie équivalente à celle d’une étoile.
- L’effet observé : Pour un observateur extérieur, l’engin semble subir des accélérations impossibles (G-forces massives).
- La réalité locale : À l’intérieur de la « bulle », l’engin est en chute libre locale (géodésique), ce qui signifie que les occupants ne ressentent aucune force d’accélération (poids nul/Zéro-G).
Nous pouvons préciser ce que recouvre l’idée de « l’intérieur de la bulle ». Pour comprendre, imaginons un astronaute en orbite autour de la Terre. Cela peut sembler contre-intuitif, mais en réalité, il ne ressent aucune force gravitationnelle : il est en apesanteur.
La raison est simple. L’astronaute et son vaisseau sont en chute libre permanente. Ils ne sont pas « maintenus » en orbite par une force, mais suivent naturellement une trajectoire dictée par la courbure de l’espace-temps produite par la masse de la Terre. En relativité générale, on parle de géodésique : le mouvement le plus simple possible dans un espace-temps courbe.
Autrement dit, l’astronaute avance « tout droit », mais dans un espace-temps qui n’est pas plat. Cette situation illustre parfaitement le principe d’équivalence d’Einstein : localement, un observateur en chute libre ne peut pas distinguer la gravité d’une absence totale de champ gravitationnel.
C’est précisément ce principe que certains auteurs invoquent lorsqu’ils parlent d’une « bulle » gravitationnelle : si l’on pouvait créer artificiellement une région d’espace-temps courbe autour d’un objet, l’intérieur de cette région serait effectivement en apesanteur. Le problème n’est pas le principe — parfaitement établi — mais les moyens proposés pour y parvenir.
Le concept est solidement ancré dans la relativité générale ; ce sont les mécanismes invoqués par Sarfatti pour le réaliser qui relèvent, à ce jour, de la pure spéculation.
2. Le Secret : Les Métamatériaux « Spacetime »
Sarfatti affirme que la clé ne réside pas dans la puissance brute, mais dans la structure de la coque de l’engin (le fuselage).
- Définition : Un métamatériau est une structure artificielle composée d’un réseau de « métaparticules » plus petites que la longueur d’onde de la lumière.
- Générations : Le document classe l’évolution des métamatériaux, plaçant la technologie du « Tic Tac » dans la 4ème génération (dynamique, variant dans l’espace et le temps) et la 5ème génération (consciente/quantique).
- L’amplification : Ces matériaux sont conçus pour avoir des résonances géantes qui amplifient massivement le couplage entre l’énergie électromagnétique et le champ gravitationnel induit.
Qu’est-ce qu’un métamatériau ?
Nous en utilisons déjà, et vous en avez même un chez vous ;>)
La grille de votre micro-ondes est effectivement souvent citée comme l’ancêtre le plus simple et le plus courant de ce que l’on appelle aujourd’hui un métamatériau.
Un métamatériau tire ses propriétés non pas de sa composition chimique, mais de sa géométrie à une échelle plus petite que la longueur d’onde qu’il doit manipuler.
- Les Micro-ondes de votre four : Elles ont une longueur d’onde d’environ 12 cm.
- Les Trous de la grille : Ils mesurent environ 1 à 2 mm.
- L’effet : Comme les trous sont beaucoup plus petits que la longueur d’onde des micro-ondes, la grille agit pour elles comme un mur plein (métal continu) et les réfléchit vers l’intérieur.
- La Lumière visible : Sa longueur d’onde est minuscule (environ 0,0005 mm). Pour elle, les trous sont gigantesques, donc elle passe à travers sans problème, vous permettant de voir votre plat sans avoir le cerveau en mode cuisson…
De la grille de cuisine au fuselage du Tic Tac
Sarfatti pousse ce concept beaucoup plus loin dans le document :
- Structure en réseau : Le fuselage du Tic Tac serait composé d’un réseau de « métaparticules » (similaires aux trous ou aux fils de votre grille, mais à l’échelle nanoscopique).
- Multi-échelle : Il parle de « réseaux à l’intérieur de réseaux » (comme des poupées russes) pour manipuler non seulement les ondes électromagnétiques, mais aussi les ondes gravitationnelles.
- Activité vs Passivité : Votre grille de micro-ondes est « morte » (statique). Le métamatériau du Tic Tac est « pompé » par de l’énergie externe, ce qui permet de changer ses propriétés en temps réel pour créer de l’antigravité.
C’est donc un très bon exemple de départ : le Tic Tac serait en quelque sorte recouvert d’une « grille » ultra-sophistiquée capable de filtrer et de manipuler non pas seulement les ondes de votre dîner, mais la structure même de l’espace-temps.
3. Le Mécanisme Physique (Les Équations)
Le document propose une modification de l’équation de champ d’Einstein en utilisant des transformées en ondelettes
pour tenir compte de la structure multi-échelle du matériau.
L’équation clé :
Le rôle de et
: En manipulant la permittivité électrique
et la perméabilité magnétique
du matériau via un « pompage » électromagnétique externe, on peut contrôler la force et le signe de la gravité.
- Antigravité vs Gravité :
Une résonance négative crée une expansion de l’espace (énergie noire artificielle/antigravité) pour « pousser » l’engin.
Une résonance positive contracte l’espace devant l’engin pour le « tirer ».

Ce schéma illustre l’extension de la physique classique vers la physique des métamatériaux spatio-temporels pour expliquer le fonctionnement des UAP.
Il compare deux visions du monde :
(a) Le cas conventionnel (Relativité restreinte à gauche)
Cette partie montre la limite de la physique actuelle:
- Le cône de lumière : La zone bleue délimite ce qui est physiquement possible. La lumière définit la vitesse limite (
).
- Trajectoires : La ligne rouge est un mouvement uniforme (vitesse constante) et la ligne verte est un mouvement accéléré.
- Contrainte : Tout objet massif doit rester à l’intérieur du cône (« Future »), car rien ne peut dépasser la vitesse de la lumière dans le vide.
(b) L’extension aux métamatériaux (La « Techno-Tic Tac »)
Cette partie montre comment l’engin modifie les règles du jeu:
- Le métamatériau comme milieu hôte : La zone orange représente le fuselage ou le champ entourant l’engin. Ce n’est plus du « vide », mais un milieu complexe qui modifie la propagation des ondes.
- Les métaparticules : Les zones mauves sont des structures à l’intérieur du matériau qui interagissent avec l’espace-temps.
- Vitesse superluminale (
> c) : Le schéma indique que des « discontinuités » ou des perturbations peuvent exister en dehors du cône de lumière.
- L’auteur soutient que ces métamatériaux permettent des transferts d’énergie superluminaux sans violer les lois de la physique, car ils ne transportent pas d' »information » au sens classique, mais modulent le milieu lui-même.
- Contrôle total : L’engin peut passer de régimes subluminaux (v < c) à superluminaux (v > c) en manipulant les propriétés du milieu (la zone orange).
En résumé
L’image (a) montre un objet subissant les limites de l’espace-temps. L’image (b) montre un objet qui crée son propre espace-temps grâce à sa coque en métamatériau, lui permettant de s’affranchir des limites de vitesse et d’accélération observées par nous.
Briser la « Dictature » du Cône de Lumière
En physique classique (image a), le cône de lumière est une barrière absolue. Si vous êtes à l’intérieur, vous êtes liés par la causalité : Pour aller d’un point A à un point B, il vous faut un certain temps, et ce temps est dicté par la vitesse de la lumière dans le vide (c).
Dans l’image b, Sarfatti introduit l’idée que le métamatériau crée un « milieu effectif ». Ce n’est plus du vide. Dans un tel milieu, la géométrie de l’espace-temps est « étirée » ou « compressée » :
- L’astuce : L’engin ne voyage pas à travers l’espace plus vite que la lumière. C’est l’espace-temps lui-même, contenu dans la couche du métamatériau, qui se déplace ou se déforme.
- Conséquence visuelle : Sur le schéma, la ligne peut sortir du cône de lumière bleu car, localement (à l’intérieur de la « bulle »), l’engin respecte toujours la physique, mais globalement (pour nous), il semble franchir une distance de manière instantanée ou superluminale.
Le rôle des « Métaparticules » (les zones mauves)
Sarfatti suggère que ces petites structures dans le matériau agissent comme des résonateurs :
- Elles permettent de manipuler ce qu’on appelle la vitesse de phase. Dans certains matériaux spécifiques, cette vitesse peut être supérieure à c sans violer la relativité, car elle ne transporte pas d’énergie ou d’information au sens classique.
- L’idée de Sarfatti est de coupler cette vitesse de phase « superluminale » à la métrique de l’espace-temps pour « surfer » sur une onde de distorsion.
La Transition Subluminal ↔ Superluminal
Le schéma montre que l’engin peut basculer entre :
- V < C (Subluminal) : Le mode croisière ou vol stationnaire, où il apparaît comme un objet physique normal.
- V > C (Superluminal) : Le mode « saut » ou accélération instantanée. C’est ce que les pilotes de l’US Navy ont décrit comme des objets « disparaissant d’un point pour réapparaître sur le point de ralliement à 100 km de là en moins d’une seconde ».
Ce qu’il faut en retenir (en langage simple)
Sarfatti utilise ce schéma pour dire : « La limite de vitesse de la lumière n’est une prison que si vous voyagez dans le vide. Si vous transformez le vide autour de vous en un métamatériau dynamique, vous pouvez manipuler le cône de lumière et vous déplacer à des vitesses qui semblent impossibles pour un observateur extérieur. »
C’est l’explication théorique de la « Propulsion à Distorsion » (Warp Drive) appliquée à un objet de petite taille comme le Tic Tac.
Donc en effet, à l’intérieur de l’engin, ou à proximité, on pourrait ressentir des effets spatiaux-temporels très inhabituels, comme on en a des récits dans certains témoignages (Auxquels nous ne croyons pas jusqu’à preuves un peu plus robustes…)
4. Pourquoi l’engin ne détruit-il pas tout autour de lui ?
C’est ce que Sarfatti appelle le « Gravitational Stealth Shield » (Bouclier de furtivité gravitationnelle).
- Condensat de Fröhlich : L’énergie injectée dans le métamatériau crée un état de cohérence quantique macroscopique, similaire à un condensat de Bose-Einstein à température ambiante.
- Masse du Graviton : Ce processus donne une masse effective aux gravitons à l’intérieur du matériau.
Portée limitée (Yukawa) : La gravité induite devient une force à courte portée (décroissance exponentielle , ce qui signifie que la distorsion de l’espace-temps reste confinée à la coque et ne dévaste pas l’environnement immédiat.
5. La Dimension « Consciente » (IA de 5ème Génération)
C’est la partie la plus spéculative du document.
- Rétrocausalité : Sarfatti s’appuie sur les travaux de Roderick Sutherland, suggérant que les signaux peuvent voyager vers le passé à l’échelle quantique (« zig-zags » locaux).
- PQM (Post-Quantum Mechanics) : La structure de l’engin utiliserait une « rétro-réaction » (back-reaction) du champ classique sur son champ pilote quantique.
- Conscience : Selon cette vue, le système de contrôle de l’engin serait « conscient » au même titre qu’un organisme biologique, synchronisant tous les processus par des condensats de Fröhlich.
Résumé technique final
| Élément | Description selon le document |
| Source d’énergie | Pompe électromagnétique externe (Laser/Micro-ondes) |
| Moteur | Résonances géantes dans la susceptibilité du métamatériau |
| Propulsion | Distorsion locale de la métrique (Warp drive d’Alcubierre) |
| Effet visuel | Décalage Doppler gravitationnel inverse (mesuré par certains témoins) |
| Contrôle | IA consciente utilisant la cohérence quantique macroscopique. En effet il est supposé que la manipulation des énergies et du métamatériaux soit si complexe à mettre en œuvre, que seule une structure « Intelligemment auto-portée » puisse mener à bien les interactions nécessaires pour le pilotage. C’est un peu comme aujourd’hui les commandes électriques d’un avion avec une assistance informatique, dont sont munis le F117 ou le B2. |
Ce que j’en pense…
Ce n’est pas de la science, mais de la spéculation. Elle illustre surtout un biais d’autorité : un scientifique reconnu peut produire un texte sans valeur académique tout en restant écouté par une frange de croyants avec un usage décoratif des équations.
Elles ressemblent à celles d’Einstein, mais :
- les opérateurs “ondelettes” sont injectés sans dérivation
- les grandeurs ne sont pas définies proprement
- les dimensions physiques (unités) ne sont jamais vérifiées
- aucun lagrangien, aucune action, aucune conservation claire
C’est du “math washing” : des symboles corrects utilisés comme rhétorique, pas comme démonstration.
Ce n’est plus un article scientifique, c’est un manifeste techno-idéologique.
Notre article mérite possède au moins le mérite d’isoler un certain nombre de mots-clés que vous pourrez recycler tels-quels dans vos vidéos YouTube pour paraitre intelligent, et vous aurez même un pouvoir sur certaines personnes : physique quantique, relativité générale, métamatériaux, Alcubierre, bulle, géodésique, courbure de l’espace-temps, résonances, pompage électromagnétique, cône de lumière, Warp Drive, Laser, micro-ondes, etc.
Si vous entendez ces termes sur vos chaines préférées, vous saurez maintenant que les mots, c’est un peu comme les chiffres, on peut leur faire dire n’importe quoi.
Mais restons dans le sujet, et reconnaissons à Jack Sarfatti le mérite de se poser des questions, et de tenter d’imaginer quelles pourraient être les technologies futures de l’humanité, ou de celle d’hypothétiques appareils manufacturés par une intelligence non-humaine. Résoudre le problème d’une énergie gigantesque par un métamatériau est la seule possibilité envissageable.
Mais remarquez que la technologie là-derrière est assez peu compatible avec un appareil qui se serait bêtement crashé à Roswell à cause d’une perturbation par un radar, ou encore d’un autre qui serait entré par malchance en collision avec une antenne radio après avoir traversé la galaxie, selon Jacques Vallée…
Pour rappel…
Einstein → équations claires → prédictions → observations (1919)
Sarfatti → équations opaques → promesses extraordinaires → aucune validation depuis des décennies
Mais tant pis -> merci pour le Voyage
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