La Vérité sur Roswell

https://www.afhra.af.mil/Portals/16/documents/AFD-101201-038.pdf

Toledo, Mis à jour le 5 avril 2026 pour clarifications – Tous droits réservés

Introduction

Que n’a-t-on pas écrit comme bêtises sur cette « incroyable » affaire ; je me sens un peu coupable d’en rajouter une couche, mais on dira que c’est pour une bonne cause.

Quand j’entends Luis Elizondo accorder du crédit à cette histoire, j’ai du mal à ne pas en rire. A la lumière des connaissances actuelles, il est simplement conspirationniste, voir les derniers articles le concernant…

Les meilleurs films avec des extraterrestres

Si un vaisseau extraterrestre s’était vraiment écrasé, on peut supposer que l’armée aurait manifesté un peu plus d’agitation qu’à l’ordinaire. Entre l’origine inconnue de l’appareil et l’éventualité peu rassurante qu’il ne soit pas venu seul, on imagine mal les autorités traiter cela comme un banal incident de terrain plutôt que comme le début d’une très mauvaise journée pour l’humanité.

En 1995 un rapport a été publié par l’USAF, dont j’ai extrait quelques lignes.

Il est public, et je vous recommande de l’étudier, bien qu’il fasse près de … 1000 pages, incluant des schémas et des photos d’époque.

J’ai eu du plaisir à le faire, car mes connaissances me permettent d’apprécier pleinement les nombreux détails fournis sur le matériel utilisé à cette époque, et j’aime regarder les schémas électroniques des années 50, où on trouvait encore des tubes, des triodes et des pentodes, utilisée pour les débuts de la télémétrie, qui a tellement progressé aujourd’hui.

Par exemple, un schéma d’émetteur haute fréquence, dont on peut voir le circuit oscillant piloté par un quartz, ainsi que l’étage final de puissance, et la sortie d’antenne. Ainsi était la radio autrefois.

Circuit d’émission à tubes

En ce temps, quand on parlait d’électronique embarquée, cela pesait plusieurs kilos – pour des fonctionnalités très réduites – et ne se portait pas encore au poignet ou dans une poche.

Roswell : ce que disent réellement les archives

Depuis des décennies, l’affaire de Roswell est présentée comme le cas fondateur de l’ufologie moderne : un engin venu d’ailleurs se serait écrasé au Nouveau-Mexique en juillet 1947, l’armée américaine aurait récupéré l’épave, puis organisé une dissimulation de grande ampleur. Le récit est séduisant. Il est aussi, à ce jour, très mal soutenu par les archives.

Quand on revient aux documents officiels, l’image qui se dégage est beaucoup moins spectaculaire, mais beaucoup plus solide. À la demande du GAO, l’US Air Force a mené dans les années 1990 une recherche systématique dans ses bureaux, centres d’archives et dépôts de dossiers afin de retrouver toute trace d’un incident correspondant à Roswell. Résultat : aucune preuve documentaire d’un vaisseau extraterrestre, aucune trace d’une récupération de corps non humains, et aucun indice d’un cover-up organisé par l’Air Force.

Le point important, souvent oublié, est que Roswell n’a pas été traité à l’époque comme le grand mystère extraterrestre qu’on imagine aujourd’hui. Dans son résumé exécutif, le rapport explique que l’“incident de Roswell” n’a été considéré comme un événement lié aux UFO qu’à partir de la période 1978-1980. Avant cela, l’affaire était essentiellement perçue comme la récupération de débris attribués à un ballon.

C’est là qu’intervient l’explication la plus crédible avancée par l’US Air Force : le projet MOGUL. Ce programme hautement secret utilisait des trains de ballons et des réflecteurs radar pour détecter à distance d’éventuels essais nucléaires soviétiques. Le secret entourant ce projet est capital pour comprendre Roswell : en 1947, les militaires n’avaient évidemment aucun intérêt à exposer publiquement la vraie nature de ce matériel.

Le rapport ne se contente pas d’une hypothèse vague. Il rapproche les descriptions des débris — matériaux légers, éléments réfléchissants, baguettes, morceaux dispersés — des composants employés par MOGUL. Plus précisément, il conclut que les restes retrouvés près de Roswell étaient très probablement liés au Flight 4, un vol lancé le 4 juin 1947 et non récupéré par l’équipe de New York University. L’analyse s’appuie sur les archives techniques, sur des entretiens avec d’anciens participants au projet et sur le journal professionnel d’A. P. Crary.

Cette hypothèse a un autre avantage : elle colle mieux aux témoignages initiaux que les récits apparus bien plus tard. Dans le rapport, l’Air Force note que les versions tardives de l’affaire deviennent progressivement plus extraordinaires, avec des métaux exotiques, des symboles étranges, voire plusieurs sites de crash et des corps extraterrestres. À l’inverse, les descriptions les plus anciennes parlent de matériaux beaucoup plus banals : papier, feuille métallisée, ruban, baguettes, débris légers. Autrement dit, plus on s’éloigne de 1947, plus le récit enfle.

Un autre élément pèse lourd contre la thèse extraterrestre : l’absence de traces administratives cohérentes. Si l’armée américaine avait réellement récupéré un appareil d’origine inconnue avec des occupants non humains, on s’attendrait à trouver, au minimum, des anomalies dans les opérations, la sécurité, les ordres, les déplacements, les transmissions ou la logistique. Or le rapport affirme n’avoir trouvé aucune montée inhabituelle d’activité en juillet 1947 qui irait dans ce sens. C’est un point souvent sous-estimé : même les secrets militaires laissent des traces de gestion.

Le National Archives va dans le même sens. L’institution explique n’avoir retrouvé aucune documentation sur Roswell dans les dossiers de Project Blue Book, et rappelle que l’enquête de l’Air Force n’a trouvé aucune information indiquant un événement UFO ni une dissimulation gouvernementale. Les matériaux récupérés près de Roswell étaient, selon cette synthèse archivistique, compatibles avec un dispositif de ballon utilisé dans un projet alors classifié. (National Archives)

Tout cela ne signifie pas que l’affaire de Roswell est “sans intérêt”.

Au contraire. C’est un cas fascinant, parce qu’il montre comment un événement réel, mais banalement terrestre, peut changer de nature au fil du temps. On part d’un champ de débris mal compris, on ajoute le contexte du secret militaire, puis viennent les reconstructions tardives, les souvenirs remodelés, les livres sensationnalistes, la culture pop et enfin la légende.

Roswell est moins l’histoire d’un crash extraterrestre que celle de la fabrication d’un mythe moderne.

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